Tout a commencé par un pseudo-reportage sur les algues à Oualidia. Prétexte de vacances pour notre boss qui a obtenu deux nuits dans un hôtel 5* en échange d’une pub ou véritable reportage ?? Toujours est-il que nous étions de la fête mais pas de l’hôtel 5*. Notre reportage initial sur les algues rouges (l’agar-agar) s’est envolé en fumée car ce n’était pas du tout la saison et s’est transformé en balade au bord de mer, plateaux de fruits de mer et verres de vin blanc. Il faudra revenir "le mois 7" (dixit un plongeur local qui récolte des algues).




L’envie de reportage s’est poursuivie avec 5 jours à Saïdia à la frontière algérienne, pour un reportage sur cette "côte d’azur marocaine" qui va inaugurer en juin la station touristique Mediterrania Saïdia. Le Maroc mise beaucoup sur le tourisme et un énorme projet de développement touristique a été lancé au niveau national. Il vise la construction de 5 stations balnéaires avec piscine, golfs et résidences pour tourisme de masse pollueur et en manque de soleil.
Nous voilà à Saïdia. La frontière algérienne est à deux pas mais on ne peut pas la traverser car la frontière entre les deux pays est définitivement close depuis 1997. La situation entre Rabat et Alger est très tendue. D’un côté le Maroc a annexé une partie du Sahara occidental et de l’autre l’Algérie abrite le front du Polisario, mouvement armé qui lutte pour l’indépendance du Sahara oriental. En 1994 un grave attentat à Marrakech imputé aux services secrets algériens va pousser les deux gouvernements à décider la fermeture de cette frontière. Les Algériens résidant au Maroc sont rentrés chez eux, idem pour les Marocains. On a fermé et même murée la frontière sur des kilomètres et tout échange entre les deux pays a cessé.
Nous voilà à Saïdia. La frontière algérienne est à deux pas mais on ne peut pas la traverser car la frontière entre les deux pays est définitivement close depuis 1997. La situation entre Rabat et Alger est très tendue. D’un côté le Maroc a annexé une partie du Sahara occidental et de l’autre l’Algérie abrite le front du Polisario, mouvement armé qui lutte pour l’indépendance du Sahara oriental. En 1994 un grave attentat à Marrakech imputé aux services secrets algériens va pousser les deux gouvernements à décider la fermeture de cette frontière. Les Algériens résidant au Maroc sont rentrés chez eux, idem pour les Marocains. On a fermé et même murée la frontière sur des kilomètres et tout échange entre les deux pays a cessé.
Depuis la région vit de la contrebande d’essence en provenance d’Algérie. Les stations-services ont fait faillite et tout le monde s’approvisionne chez les contrebandiers où l’essence est bien moins chère. Seule une station a survécu grâce aux voitures officielles de l’administration qui n’ont pas le droit de s’approvisionner en essence de contrebande. Il ne manquerait plus que ça !!!
A quelques kilomètres de là, Mediterrania Saidia : enclave touristique en travaux qui cumule déjà tous les superlatifs. Sur 700 hectares, une nouvelle ville a vu le jour avec 3 000 résidences de luxe, 3 parcours de golf, 9 hôtels de haut standing, 30 000 lits, un port de plaisance, une clinique et même la reproduction d’une médina traditionnelle, mais avec des boutiques de luxe. Pour la construction de ce parc à touristes, il a fallu abattre des hectares de forêt de genévriers, détruire une dune qui protégeait naturellement la côte de l’ensablement et puiser l’eau pour les golfs, piscines et hôtels dans la seule rivière de la région.
Ça fait beaucoup réfléchir à la notion de tourisme, aux impacts que l’on peut avoir sur l’environnement. Mais le millionnaire russe, visé par ce projet, s’en soucie-t-il ?


Après cette petite escapade, nous faisons route vers l’ouest pour rejoindre la ville de Nador. Avant de partir on nous avait glissé que la ville de Nador était "spéciale", mais sans plus de précisions. Effectivement la ville est le carrefour de tous les trafics. Idéalement placée dans la principale zone de culture du cannabis, en miroir avec l’Europe, voisine de l’enclave de Melilla et grand port sur la Méditerranée. Que demander de mieux ? Dans la ville, le mariage du trafic de drogue, de la contrebande d’essence et de la prostitution fait régner une atmosphère délétère. Le soir, on ne traîne pas dans la rue mais on regagne notre hôtel de passe et ses draps crasseux. Dans les couloirs de l’hôtel, les femmes maquillées à outrance vendent leur corps aux marins de passage, aux habitants de Melilla partis échapper à l’ennui de leur rocher ou aux trafiquants de tout poil.
Le jour d’après nous allons au cap des trois fourches pour un reportage sur le phare. La route longe la frontière de Mellila, forteresse européenne totalement fermée et barbelée, prise quotidiennement d’assaut par des subsahariens désespérés. La forêt que nous traversons leur sert de refuge en attendant le bon moment pour "brûler les frontières" (comme ils disent). Mais beaucoup échouent aux portes de l’Europe. Certains se font arrêter de façon très musclée par la police marocaine ou d’autres vont s’empaler sur les barbelés.


La route vers le phare serpente entre les montagnes qui laissent parfois entrevoir le turquoise de la Méditerranée. Difficile de croire que c’est le lieu de tous les naufrages et de tous les désespoirs de l’Afrique.
Enfin le phare. Majestueux. En contrebas de la route, un petit village de pêcheurs respire la sérénité. Nous descendons par une route escarpée attirés par les barques peintes en bois. Arrivés en bas nous sommes accueillis par des Espagnols de Melilla, propriétaires de maison et de 4x4 flambant neufs et qui ne sont pas ici pour la pêche à la ligne. Ce petit village est le refuge de contrebandiers qui ont trouvé dans ce petit port, le point de départ idéal pour leur marchandise clandestine. En face l’Europe et les côtes espagnoles. En nous voyant descendre vers leur village, ils ont eu peur d’une descente de police et nous ont semé de partir.
Enfin le phare. Majestueux. En contrebas de la route, un petit village de pêcheurs respire la sérénité. Nous descendons par une route escarpée attirés par les barques peintes en bois. Arrivés en bas nous sommes accueillis par des Espagnols de Melilla, propriétaires de maison et de 4x4 flambant neufs et qui ne sont pas ici pour la pêche à la ligne. Ce petit village est le refuge de contrebandiers qui ont trouvé dans ce petit port, le point de départ idéal pour leur marchandise clandestine. En face l’Europe et les côtes espagnoles. En nous voyant descendre vers leur village, ils ont eu peur d’une descente de police et nous ont semé de partir.
Voilà notre voyage dans le nord-ouest prend fin et il faut regagner Rabat. On prend des routes de campagne dans la montagne du Rif, verte de plants de cannabis. Les villages sont peuplés de Mercedes noires aux vitres teintées immatriculés en Hollande, les ânes sont chargés de résine et les barrages de police se multiplient. Mais sans grande inquiétude pour ces bolides.
De retour à Rabat il est temps pour Franck de repartir, vers un autre port : Tanger. Il doit embarquer à bord du fameux trois-mâts Belem pour aller jusqu’à Rabat. Arriver à Rabat par la mer toutes voiles dehors c’est un moment magique.
Samedi soir nous avons participé à une fête des mille et une nuit avec tout l’équipage : tente berbère, méchoui, musique gnaoua et champagne à volonté. S’il vous plaît.
De retour à Rabat il est temps pour Franck de repartir, vers un autre port : Tanger. Il doit embarquer à bord du fameux trois-mâts Belem pour aller jusqu’à Rabat. Arriver à Rabat par la mer toutes voiles dehors c’est un moment magique.
Samedi soir nous avons participé à une fête des mille et une nuit avec tout l’équipage : tente berbère, méchoui, musique gnaoua et champagne à volonté. S’il vous plaît.






Maintenant il n’y a plus qu’à écrire de beaux reportages et faire rêver le lecteur. Ce sera sans Elena qui a décidé cette semaine de quitter le navire de Vue sur mer, excédée par la tournure commerciale du magazine et certaines pratiques …..
Elle est de nouveau prof de français à l’institut français.
Elle est de nouveau prof de français à l’institut français.


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